François Chérèque s'enfonce en se déclarant scandalisé par les heures supplémentaires :

Publié le par gafreddy

 

Dans une dépêche de l'agence Reuters on apprend que François Chérèque se dit scandalisé par le fait que des entreprises qui suppriment des emplois (CDD, intérim et départs volontaires) puissent avoir recours à des heures supplémentaires pour compenser ces départs.


Ce faisant, il est totalement incohérent dans la mesure où sa confédération a signé le protocole d'accord sur la modernisation du marché du travail qui a aboutit à la légalisation de la rupture conventionnelle du contrat de travail et l'allongement de la période d'essai dans les contrats de droit privé. Au moment de la conclusion et de la signature de cet accord, le dispositif relatif aux heures supplémentaires étaient déjà en action, et donc il savait que cette précarité accentuée des salariés pouvait être compensée par le recours aux heures supplémentaires.


Surtout, ce qu'oublie de préciser le leader de la CFDT, c'est que cette acceptation de l'affaiblissement du statut de salarié devait avoir comme contrepartie une amélioration de la prise en charge des demandeurs d'emploi pour avancer d'une manière équilibrée vers la « fléxisécurité » annoncée par le gouvernement comme « la solution au chômage ».


Or, la nouvelle convention d'assurance chômage (dont l'Union des Syndicats Solidaires vient d'annoncer à son tour son refus de la signer) ne va pas dans le sens d'une meilleure prise en charge des demandeurs d'emploi mais dans le sens d'une augmentation du nombre de chômeurs indemnisés

et d'une baisse des cotisations chômages.


Dès lors, si nous vivons une situation dans laquelle l'essentiel des suppressions d'emplois se concrétisent par des départs volontaires dans les grandes entreprises (comme chez Renault avec 900 départs volontaires cette année) et par des plans sociaux avec licenciements dans les PME de sous-traitance n'ayant pas le nombre de volontaires suffisant ni l'argent pour négocier (comme chez Faurecia avec la suppression de 700 emplois) c'est grâce à la loi de modernisation du marché du travail négociée et acceptée notamment par la CFDT.


Aussi, si le leader de la CFDT souhaite assumer ses choix et négocier une meilleure prise en charge des salariés victimes de plans sociaux ou de pression aux départs volontaires il ne faut pas qu'il signe la convention d'assurance chômage puisque celle-ci ne va pas dans le sens de cette amélioration de la prise en charge des personnes objet de cette politique sociale.


La CFDT ayant annoncé qu'elle signerait la nouvelle convention d'assurance chômage, la présidente du MEDEF a fait savoir par une dépêche de l'AFP qu'elle refusait toute réouverture des négociations relatives à l'indemnisation des demandeurs d'emploi pour passer le relais à l'Etat qui pourrait ainsi nationaliser le « Pôle Emploi ». Aussi, en acceptant la nouvelle convention relative aux assurances chômage tout en dénonçant les conséquences des plans sociaux réalisés, François Chérèque tend la perche au gouvernement pour qu'il légifère sur la question sans passer par le dialogue social.


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