Oui Monsieur Luc Besson la loi Hadopi contre le piratage se trompe de cible :

Publié le par gafreddy

 

Monsieur Luc Besson pour qui on ne peut avoir qu'un immense respect tant pour son œuvre que pour sa volonté de créer une véritable cité du cinéma du côté de Boulogne-Billancourt , vient de mettre en avant dans la presse qu'il existait une véritable industrie du piratage des œuvres cinématographique et que de grandes entreprises en tiraient profit.


En réponse on peut lui dire que cela est un secret de polichinelle et que la mise en place de la loi Hadopi et de la riposte graduée contre les internautes et un aveu de faiblesse face à cette industrie et une nouvelle source de disparition de la culture française.


L'aveu de faiblesse est bien entendu vis-à-vis des entreprises qui profitent directement du piratage dont en première ligne les régies publicitaires. En effet, ce que dénonce Monsieur Besson c'est l'existence de régies publicitaires sponsorisant et finançant des sites ou blogs proposant des liens de téléchargements d'œuvres cinématographiques récentes. On doit y ajouter de nombreux forums de discussions où moyennant une inscription gratuite les membres s'échangent des liens vers des films ou musiques récentes à télécharger.


Cependant, la France est impuissante face à ce phénomène dans la mesure où le marché publicitaire sur internet est une véritable source de financement pour tous les sites légaux en ce compris ceux des partis et personnalités politiques, et que les régies publicitaires sont localisées à l'étranger. Ce la est d'autant plus vrai que les gros financeurs et pourvoyeurs de régies publicitaires sont les sites de jeux en ligne (casino, poker, paris sportifs) dont l'activité échappe totalement à la loi française et qui est sur le point d'ailleurs d'être légalisée.


En s'attaquent au « peer to peer », et en s'en prenant aux internautes téléchargeurs amateurs par la riposte graduée, la loi Hadopi va booster cette économie parallèle qui aura les moyens financiers pour investir dans des équipements leur permettant d'échapper à toute détection et ainsi de pouvoir développer une véritable industrie non concurrencée par les amateurs.


Pour enrayer ce phénomène il faudrait une convention internationale régissant tant le fonctionnement des régies publicitaires sur internet (dont google adsense et adword en premier lieu) ainsi que les activités de jeux en ligne avec des sanctions à la clé pour que cela disparaisse et un organisme de compétence internationale chargée de les appliquer.


Mais par commodité, le gouvernement français a décidé de s'en prendre aux internautes amateurs et donc de favoriser le développement de l'industrie parallèle sur le net.


Force est de reconnaître que parmi les films téléchargés illégalement il existe des films français et que cela contribue à la diffusion de la culture française. Certes il n'est pas question d'autoriser les piratages et téléchargements vers l'étranger mais de centrer la protection sur les œuvres récentes en réformant les droits d'auteurs.


En effet, il n'existe à ce jour que très peu d'œuvres audiovisuelles françaises libres de droits et donc tombées dans le domaine public, tant la longueur de la protection est exorbitante. Ainsi il résulte des articles L.123-1 et L.123-2 du Code de la Propriété Intellectuelle que la production d'une œuvre cinématographique dure 70 ans à compter du décès de l'auteur du scénario, du texte parlé, du compositeur de la musique et du réalisateur.


Cette durée de protection des droits d'auteurs est beaucoup trop longue et n'a pas de sens par rapport à internet. Un exemple simple : j'enregistre ou je grave un film diffusé à la télévision et je fais une ou plusieurs copies pour des amis qui souhaitent voir le film qu'ils ont loupés. Suis-je un délinquant ? Est-ce interdit ? Si je le fais par le biais d'un site de téléchargement es-ce plus grave ?

Quand des personnes échangent ou vendent sur des brocantes des films gravés ou enregistrés au moment de leur diffusion à la télévision est-ce interdit ?


Tout ceci n'a pas des sens et il faut concentrer la protection sur les œuvres récentes dans la mesure où ce sont elles qui sont les enjeux du piratage, les œuvres plus anciennes étant vendues en DVD à 2, 3 ou 6 euros en grande surface.


Aussi, il paraitrait opportun de ramener la durée de la protection et du droit d'auteur à 30 ans à compter de la publication ou diffusion au cinéma ou à la télévision de l'œuvre cinématographique. Cela permettrait ainsi de diffuser et de faire vivre toutes les œuvres du cinéma français datant d'avant 1978 et de permettre ainsi à la culture française de se maintenir ou de se développer à l'étranger. Cela pourrait même « booster » voir créer un marché pour les DVD récents puisque les œuvres de certains cinéastes toujours vivants actuellement serait diffuser internationalement.


Si « La victoire en chantant » de Jean-Jacques Annaud était déjà libre de droits, si dès 2013 on pouvait diffuser librement « Le dernier combat » l'un des rares classiques français du cinéma fantastique alors on pourrait permettre une large diffusion du cinéma français et centrer la protection sur les œuvres récentes. A quoi bon soi-disant interdire la diffusion par internet d'œuvre multi-diffusées à la télévision et louables, et donc opiables, dans toutes les médiathèques de France et de Navarre ?


Nul ne songe à remettre en cause le droit des auteurs sur leurs œuvres. Nul ne souhaite que cesse la création faute de ressources financières. Cependant, s'en prendre aux citoyens amateurs pour laisser la place à une industrie parallèle et restreindre plutôt que d'étendre la diffusion des œuvres françaises n'est pas la solution au fléau du piratage et téléchargement sur internet. La voix de simples citoyens n'étant plus entendus peut-être que celle d'un de nos plus grands cinéastes sera-t-elle écouté.


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