Licenciement abusif d'une caissière : 16.000 euros c'est un moindre mal :

Publié le par gafreddy

 

La presse et les médias font écho d'une décision du Conseil des Prudhommes de Versailles qui a condamné un supermarché ATAC pour licenciement abusif à verser à son ex salariée la somme de 16.000 euros à titre de dommages et intérêts. Cette somme est la norme et est un moindre mal.


En effet, moi même licencié par l'Association De Services Spécialisés pour Enfants et Adolescents En Difficultés (ADSSEAD) de Lille en 2002 j'ai obtenu un dédommagement de 15.000 euros pour licenciement sans cause réelle et sérieuse par décision de la Cour d'Appel de Douai.


Ainsi, on peut constater que les sommes sont proches mais qu'il s'agit d'un moindre mal pour l'entreprise qui pratique le licenciement. En effet, il faut tout d'abord signaler le cout pour la société de tels licenciements. Une fois licencié la personne perçoit, sauf dans l'hypothèse de fautes lourdes, des allocations de la part du Pôle Emploi (assedics antérieurement) or ceux-ci ne réclament que très rarement à condamner la société responsable du licenciement abusif à rembourser les sommes versées par le Pôle Emploi à l'ex salarié. Ces sommes sont importantes car les procédures prudhommales sont longues et d'autant plus depuis que le gouvernement à supprimer nombre de Conseils des Prud'hommes. En l'espèce, cette dame a été licenciée le 02 février 2008. Il y a donc un an de versements d'allocations que le Pôle Emploi devrait demander de rembourser à l'entreprise responsable.


Ensuite, l'entreprise s'en tire à bon compte en ne devant que verser une somme d'argent, peu importe le montant de celle-ci, alors qu'elle devrait avoir en plus l'obligation de reprendre ou de reclasser la victime du licenciement même en dehors de son entreprise et condamné à payer le salaire de celle-ci tant que cela ne sera pas fait. Car la personne licenciée indument doit se débrouiller seul pour trouver de nouveau du travail et le délai entre le licenciement et le fait de retrouver un travail peut parfois être très long. Aussi, dans l'hypothèse de grandes entreprises comme une chaîne de supermarché il serait tout à fait normal de condamner la société coupable de licenciement abusif à une obligation de reclassement post-licenciement avec obligation de reprendre le paiement du salaire jusqu'au reclassement effectif de la personne.


Au moment où Madame Parisot et le MEDEF demande de faciliter les licenciements pour motif économiques et clament que le but des employeurs n'est pas de licencier et qu'il ne s'agit que d'un « crève-coeur » quand ils se trouvent contraints de licencier, nous sommes quelques uns à pouvoir témoigner, décision de justice à la main que cela n'est pas vrai, et que l'exclusion sociale à bien souvent pour origine des licenciements abusifs non soumis aux juridictions prudhommales.


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