Maltraitance et séparations : l'échec des services de protection de l'enfance :

Publié le par gafreddy

 

Le drame de la petite Marina maltraitée pendant plusieurs années avant d'être tuée par ses parents n'est pas le seul échec des services sociaux de protection de l'enfance qui accusent de graves lacunes dans le domaine des séparations.


Ainsi, dans un article en date du 11 septembre 2009, le journal « Le Parisien » recensait 29 crimes commis sur des enfants dans un contexte de séparation en 2009 tout en dénonçant l'absence de statistiques officielles.


Il faut dire que ce sujet est un sujet sensible dans le cadre d'une société qui souhaite favoriser au maximum les séparations et les familles recomposées. Ainsi, la légalisation du concubinage et la création du PACS, la réforme du divorce, mais aussi la reconnaissance de fait de la parentalité homosexuelle et la volonté du législateur d'instaurer un régime du beau-parent, incite les pouvoirs publics à ne pas mettre en avant les victimes de cette libéralisation, c'est-à-dire les enfants.


Mettre en exergue l'augmentation du nombre des victimes de séparation c'est s'exposer à un débat sur les moyens de prévenir ce phénomène et donc de traiter du sujet de la Médiation Familiale et surtout de son financement.


En effet, la prévention des drames liées aux séparations reposent sur la Médiation Familiale, c'est à dire un processus consistant à aider les parents à organiser leur séparation dans le but de dédramatiser celle-ci et de permettre au parent « victime » de la volonté de départ de l'autre de ne pas sombrer dans le crime.


Cependant la Médiation Familiale est un processus complexe devant être mené à bien par des professionnels diplômés et expérimentés et donc s'avérant onéreux pour ceux souhaitant y avoir recours.


La prise en charge de la médiation familiale par le biais d'une aide publique permet d'en limiter le coût mais reste très cher pour pouvoir s'imposer (de 5 à 138 euros de l'heure).


Pour permettre de développer la médiation familiale et la rendre gratuite il devrait être imposé aux associations agissants dans le domaine de l'enfance en danger (AEMO) de financer cette activité sur les gains réalisés par les placements de subventions publiques effectués pas ces associations.


En effet, les associations agissants dans le domaine de l'enfance en danger perçoivent de la part des pouvoirs publiques des subventions payées d'avance car constituant des dépenses obligatoires. Les associations ainsi pourvues placent l'argent dans des SICAV notamment en attendant de les dépenser. De même grâce à des économies de gestion les associations ne dépensent pas la totalité des sommes versées. Comme ces sommes ne sont reprises comptablement que deux ans plus tard les associations encaissent deux ans d'intérêts issus de ces placements.


Bien entendu les associations estiment que ces fonds, gagnés grâce à la qualité de leur gestion, sont des fonds propres dont elles doivent avoir la liberté d'utilisation comme l'acquisition de biens immobiliers ou l'octroi d'avantages en nature aux cadres de l'association. Cependant, à partir du moment où les fonds d'origines sont des fonds publics et qu'il s'agit d'éviter de la maltraitance voir la mort d'enfants ne faudrait-il pas imposer à ces associations le financement d'actions complémentaires par leurs fonds propres ?


La multiplication des faits divers sur fond de séparation incite de plus en plus à ouvrir le débat.

 

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